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 Stratégie biodiversité en consultation

La population fribourgeoise est invitée à s’exprimer sur le lot de mesures envisagées par l’Etat Stratégie biodiversité en consultation.

Article paru dans La Liberté, 2 juin 2022 – Charles Grandjean

Près d’une espèce sur cinq dans le canton est menacée, tandis qu’au moins 159 espèces document tées ont disparu. Le canton de Fribourg n’échappe pas à la sixième extinction de masse en cours, qui pourrait aussi nous toucher. Pour répondre à ces défis environnementaux, les autorités ont présenté hier matin la Stratégie biodiversité du canton. Mise en consultation publique jusqu’à la fin septembre et composée de 47 mesures, elle se déploiera en 2023.

«La prise de conscience est croissante. Mais elle est aussi urgente, car la biodiversité s’érode», a alerté le conseiller d’Etat Didier Castella, lors d’une conférence de presse tenue hier dans les tourbières de Fiaugères. «Un lieu pas anodin», pour le directeur des Institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF). Car le site est une illustration d’écosystèmes abritant des espèces rares, comme des orchidées ou des libellules, et pour lesquels l’Etat n’a pas attendu la fameuse stratégie pour investir dans leur préservation.

Besoins en personnel

D’ailleurs, si des mesures favorables à la biodiversité existent déjà via d’autres cadres (plans climat, phyto, stratégie de développement durable, etc.), celles que porte la Stratégie biodiversité renforcent l’existant. «On évite toute redondance avec les autres stratégies cantonales», souligne Dominique Schaller, chef du Service des forêts et de la nature (SFN). L’Etat prévoit ainsi d’injecter 3,6 millions de francs supplémentaires par an, jusqu’à 2028, dont 45% seront affectés aux ressources humaines, des ressources clefs pour permettre une mise en œuvre de mesures favorables à la biodiversité. Le personnel engagé, aux profils variés, viendra compléter les effectifs de divers services de l’Etat: du SFN au Service de l’environnement, en passant par Grangeneuve ou le Service des ponts et chaussées.

«Cette stratégie est l’aboutissement de trois ans de travail», rappelle Francesca Cheda, cheffe de la section Nature et paysage du SFN. Un état des lieux établi entre 2019 et 2021 a débouché sur un rapport technique qui dresse un constat édifiant: 85% des prairies et pâturages secs, 95% des marais et 34% des zones alluviales du canton ont disparu depuis le début du XXe siècle. Le taux de disparition des espèces est estimé à près de 300 fois le taux d’extinction considéré comme naturel. Principales causes: la disparition des milieux naturels, la diminution des structures paysagères, l’eutrophisation, l’usage de produits phytosanitaires et l’endiguement de cours d’eau et de lacs.

«Il est temps de passer à l’action. Il n’est plus possible de jouer la montre», insiste Didier Castella. Il a d’ailleurs été rappelé que le canton ne comptait que 8,4% de surfaces protégées contre 12% au niveau suisse, alors que la Convention sur la diversité biologique dont est signataire la Suisse préconise un seuil de 17%. Le conseiller d’Etat n’avait toutefois pas la réponse à notre question de savoir à quelle échéance le canton prévoit d’atteindre cet objectif. Et Dominique Schaller, chef du SFN, d’observer: «Il est difficile de faire une planification. Cela dépendra des discussions avec les exploitants, les propriétaires.»

L’Etat compte d’ailleurs investir dans la sensibilisation et la formation à la population. Un accent particulier sera mis dans certaines filières professionnelles, comme les horticulteurs ou les agriculteurs. «L’agriculture est indispensable au maintien de la biodiversité», rappelle Didier Castella, en mentionnant le rôle particulier des exploitants d’alpages dans ce domaine, et tout en insistant sur la nécessité de concilier biodiversité et agriculture productrice.

Infrastructure écolo

La stratégie vise prioritairement le fonctionnement de l’Etat, qui compte prôner l’exemplarité. Elle se fonde sur les bases légales existantes. Les terrains appartenant à l’Etat seront mis en valeur. Une politique d’acquisition permettra aussi la mise en place de l’infrastructure écologique.

Cette infrastructure, qui sera intégrée au plan directeur cantonal, se composera d’aires centrales, comme les biotopes protégés, et d’«aires de mise en réseau», permettant aux espèces de se déplacer, de se reproduire, par exemple via des haies ou des zones humides. L’implication du canton sera déterminante, notamment pour bénéficier des subventionnements de la Confédération, dont la Stratégie biodiversité est dotée de 80 millions de francs par an.

L’Etat compte aussi sur l’implication des communes. «Elles ont un grand rôle à jouer», insiste Francesca Cheda, saluant certains efforts déjà entrepris, notamment dans l’entretien des espaces verts dans les zones urbanisées ou la diminution de la pollution lumineuse. Et d’indiquer à leur attention qu’une mesure prévoit que la part maximale subventionnable pour la revitalisation des cours d’eau passera de 80% à 90%. Parmi d’autres mesures concrètes: l’entretien de talus, de rives, l’augmentation des surfaces de réserves forestières, du nombre d’arbres-habitats protégés ou encore la création de biotopes.

La Stratégie biodiversité et le décret associé seront soumis début 2023 au Grand Conseil. »