Une ferme-école qui se veut durable

La Liberté, 17 août 2019 – Stéphanie Buchs

La construction d’un bâtiment qui s’étendra sur 3600 m2 de plancher a commencé hier à Grangeneuve

Bois fribourgeois et énergies renouvelables. Ce sont les premiers mots que Didier Castella, responsable de la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF), a prononcés à l’occasion du premier coup de pioche de la nouvelle ferme-école de Grangeneuve, hier matin. Ce bâtiment dont la surface de plancher sera de 3600 m2 «est à la pointe de ce qui peut se faire en matière de projet durable», se réjouit le conseiller d’Etat.

Egalement présent, son collègue Jean-François Steiert, à la tête de la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions (DAEC), insiste à ce propos, sur le choix de bois fribourgeois: «La priorité au bois fribourgeois a été donnée dans le cadre de la procédure d’adjudication.»

Ce matériau local devra être utilisé «pour les principaux éléments constructifs». Ce choix ne va pas de soi dans la procédure légale des marchés publics. «Mais le Conseil d’Etat et la commission de bâtisse ont estimé que cela permet de concilier de manière optimale les exigences de l’ouverture des marchés publics avec un plus grand poids donné aux aspects qualitatifs.» Jean-François Steiert fait ainsi référence au volet social (emploi local) et environnemental (bois local) du développement durable.

Biogaz en vue

En matière d’énergie, la nouvelle structure, située à côté de l’actuelle ferme, disposera d’une couverture photovoltaïque de 3000 m2 destinée à la consommation propre. Une installation de biogaz est également prévue, «sous réserve d’une décision du Conseil d’Etat qui doit encore être prise», note Jean-François Steiert. «Elle permettrait de tester de manière novatrice des aspects d’économicité et de réduction d’émissions de méthane dans le cadre de la politique énergétique 2050.»

Pascal Toffel, directeur de Grangeneuve, se réjouit de ce nouveau centre voué à la formation. Pour les métiers de l’agriculture et du lait, l’institut fribourgeois accueille plus de 350 élèves. Et le cheptel actuel de 50 vaches laitières restera le même dans la nouvelle structure. Parmi les outils proposés, Pascal Toffel souligne: l’analyse automatique du lait, les espaces nombreux réservés aux élèves, les parois modulables, les places d’observation pour les visiteurs, l’optimisation du travail avec réduction des travaux pénibles qui seront effectués par des robots. Le directeur insiste encore sur un autre aspect: «Avoir choisi un système de production de lait sans ensilage permettra à la ferme-école d’être un outil précieux non seulement pour les élèves agriculteurs mais aussi pour les fromagers.»

Les aménagements extérieurs feront l’objet d’un projet d’école avec la filière horticole.

Coût: 6,8 millions

Pour un coût d’un peu moins de 6,8 millions de francs, cette nouvelle ferme-école est la première étape du développement d’un «campus» sur le site de Grangeneuve. Suivra la transformation de la ferme actuelle en halle polyvalente (espace d’exposition ou de démonstration pour les cours interentreprises entre autres), ainsi que l’agrandissement de la halle de technologie agroalimentaire. «En parallèle, vers la fin 2020, interviendra la construction du nouveau bâtiment de l’Agroscope qui accueillera les chercheurs de Liebefeld», rappelle Didier Castella.

Les deux conseillers d’Etat soulignent encore la transversalité de ce projet, avec «une collaboration de forme nouvelle très en amont entre deux directions», précise Jean-François Steiert. Le bâtiment devrait être inauguré au printemps 2021.

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