ÉCONOMIE ALPESTRE – La dernière saison s’est révélée être difficile dans les alpages fribourgeois

La sécheresse qui a sévi durant l’été 2018 a créé beaucoup de soucis dans les alpages et a exigé une importante masse de travail supplémentaire de la part des armaillis.

Article paru dans Agri, 10 mai 2019
Michel Currat

Il a beaucoup été question des conditions climatiques extrêmes qui ont prévalu durant la saison 2018 lors de l’assemblée annuelle de la Société fribourgeoise d’économie alpestre (SFEA) qui s’est tenue à Farvagny (FR), vendredi 3 mai.

«Après un hiver où la neige fût très abondante, qui aurait pu imaginer subir un été aussi sec et chaud que l’an dernier? La plaine et la montagne ont beaucoup souffert du manque de rendement de nos cultures et herbages. Bon nombre d’exploitants d’alpage se sont vus contraints de transporter de l’eau, là où l’accès était possible», a rappelé Philippe Dupasquier, président de la SFEA. Cette situation a contraint les alpagistes à fournir un énorme travail supplémentaire et 17 alpages fribourgeois ont même dû être approvisionnés par les airs. Plus de 420000 litres de l’indispensable liquide ont été transportés par hélicoptère.

«Ces conditions, qui n’ont bientôt plus rien d’exceptionnelles, posent un problème urgent, à savoir la rénovation des captages et conduites, la retenue d’eau sous forme d’étang, bélier ou le raccordement sur des réseaux communaux», a exposé Philippe Dupasquier.

Des propos relayés par le secrétaire, Frédéric Ménétrey. «Il semble, a-t-il dit, que ces phénomènes météorologiques sont en passe de s’installer de manière répétitive rendant ainsi l’exploitation des alpages problématique voir impossible.»

En effet, durant l’été dernier, de nombreuses sources, ruisseaux ou torrents ont vu leur débit fortement diminuer voir se tarir et les trop rares précipitations n’ont pas suffisamment alimenté les citernes. Si depuis de nombreuses années, la question de l’approvisionnement en eau n’a été qu’un simple sujet d’amélioration des exploitations, elle est devenue aujourd’hui une question fondamentale pour de nombreux pâturages afin de garantir leur exploitation à long terme. «Il est très important de garder le bétail estivé en période sèche afin de ne pas surcharger les exploitations de base alors que la production fourragère est déficitaire. Paradoxalement, l’importance de l’estivage pour l’agriculture se retrouve renforcé au cours des années sèches avec des montagnes où l’herbe pousse en abondance à la fonte des neiges», a expliqué Frédéric Ménétrey.

Une problématique qui ne laisse pas Didier Castella, conseiller d’Etat en charge de la Direction des institutions de l’agriculture et des forêts, indifférent. «La sécheresse 2018 a été dure. L’Etat en est conscient et apporte son soutien dans l’urgence lorsqu’il faut assurer l’approvisionnement en eau et également sur le long terme en soutenant financièrement les investissements d’amélioration des équipements d’approvisionnement et de stockage. Dans tous les cas, n’hésitez pas à contacter les services de l’Etat, Grangeneuve ou le Service de l’agriculture», a-t-il assuré en précisant que «L’Etat ne peut évidemment pas tout faire et encore moins se substituer aux exploitants mais qu’il doit en revanche fournir des conditions cadres pour que chacun puisse assurer ses responsabilités afin d’anticiper les défis de demain».

Le président s’en va

Philippe Dupasquier, entré au comité de la SFEA en 2001 et devenu président en 2007, a ensuite annoncé son départ tout comme Roch Genoud, membre du comité depuis 1998. Pour leur succéder, l’assemblée a élu par acclamation Maxime Liaudat, de ChâtelSaint-Denis (FR), et Pierre Brodard, de Treyvaux (FR). Le futur président sera élu par le comité lors de sa prochaine séance comme le précisent les statuts. Côté finances, les comptes, présentés par Frédéric Ménétrey, bouclent sur un déficit de 12923 francs pour un total de charges de 184565 francs. A noter enfin que les inspections d’alpage 2019 se dérouleront les 11 et 12 juillet dans la zone IV dite «Le Moléson» sur les communes de Bulle, Le Pâquier et Semsales (FR). La course annuelle aura lieu le mardi 30 juillet et emmènera les participants en Haute-Savoie dans la Vallée d’Abondance.

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