Climat: «Il existe des paradoxes»

Climat: «11 existe des paradoxes» Lundi soir, le débat entre le Conseil d’Etat et les jeunes pour le climat a connu quelques moments de tension. Didier Castella revient sur cette rencontre.

La Gruyère, 11 avril 2019

Qu’avez-vous retenu de ce débat avec les jeunes ?

Qu’il y avait des visions communes sur la question du climat, mais des frustrations dans la vitesse d’action. La politique a intérêt à utiliser cette pression qui provient de la jeunesse pour faire avancer une cause. Les jeunes sont impatients, ils ont l’impression que le politique peut dicter des mesures aux citoyens.

Le système démocratique a un rythme plus lent, nous avons un rôle de forgeur d’opinions, mais c’est le peuple qui décide. Cela engendre des frustrations compréhensibles. Il y a aussi de nombreux paradoxes face aux différents aspects de la question environnementale, de la protection animale, de l’utilisation des phytosanitaires (soit des pesticides, n.d.l.r.) et des émissions de CO2. Les priorités de la population sur ces sujets ne sont pas toujours claires. Pourtant, il appartient au politique de les appliquer. C’est un réel défi.

Le camp adverse a évoqué le fait que, dans ce débat, les citoyens étaient soit proclimat, soit «sous-informés»…

Certains arguments sont partis dans le feu de l’action. C’est ça aussi, la jeunesse! Il faut l’accepter, et le débat reste essentiel. Maintenant, quand on nous dit que nous ne faisons rien en tant que politiciens, ce n’est pas vrai, a nous, donc, de l’action.» de mieux informer sur notre action quotidienne. On a aussi pu remarquer que les quatre jeunes avaient des styles de débat différents, certains étaient dans l’argumentaire et la recherche de solutions et d’autres plutôt dans la dénonciation ou la culpabilisation. La sensibilisation à leur cause est un succès. Maintenant, il faut passer à l’étape suivante: concrétiser des solutions et les défendre politiquement.

Espérez-vous que ces jeunes se lancent en politique?

Bien sûr. Ce regain d’intérêt est positif. Mais c’est aussi une question de vocation, et on remarque que les communes peinent toujours à trouver du monde qui se lance en politique. Les jeunes montrent qu’ils croient en leur capacité de changer les choses, j’espère qu’ils vont s’engager.

Quelles sont les actions environnementales concrètes prises par la DIAF?

Nous avons des programmes de réduction des phytosanitaires et des antibiotiques. Nous offrons aussi du conseil et de la formation agricole pour diminuer l’impact écologique de l’agriculture tout en gardant une production qui permette de nourrir la population. Cette thématique n’est pas nouvelle du tout. De plus, le canton élabore en ce moment un plan climat auquel les jeunes seront associés.

En tant que conseiller d’Etat et membre du Parti libéral-radical, dites-nous où se situe la limite entre la responsabilité personnelle et l’action de l’Etat sur la question du climat?

On ne peut évidemment pas opposer l’une à l’autre. L’Etat a un rôle d’exemplarité, il doit inciter les citoyens à prendre leurs responsabilités individuelles avant de réglementer. Sur le plan individuel comme collectif, la remise en question doit être permanente.

Lors de certains votes du Grand Conseil, on pouvait sentir celui-ci partagé sur la question de l’environnement. Y a-t-il une différence de sensibilité entre l’Exécutif et le Législatif?

Le Grand Conseil légifère et décide en prenant en compte toutes les opinions. Il faut des majorités pour aboutir à des mesures concrètes. Je ne suis pas convaincu par les cantons qui ont déclaré un plan d’urgence climatique sans prendre de réelles mesures. Il faut de la cohérence et des actions concrètes, la bonne conscience ne suffit pas.

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