Agroscope – «Posieux resterait gagnant»

Pas de centralisation de l’Agroscope à Posieux. Mais Fribourg ne perd pas tout

La Liberté, 26 novembre 2019 – NICOLAS MARADAN

Agriculture » En mars dernier, le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, annonçait que les activités de l’Agroscope pourraient être centralisées à Posieux afin de réduire les frais d’exploitation, avec à la clé des centaines d’emplois supplémentaires pour le canton de Fribourg. Mais à cette promesse se sont très vite opposées les barricades élevées par les régions qui abritent les onze autres sites de la station de recherches agronomiques fédérale. Vendredi, le Conseil fédéral a indiqué vouloir renoncer finalement à son projet sous cette forme. Réaction de Didier Castella, conseiller d’Etat en charge de l’Agriculture.

La décision du Conseil fédéral était-elle inéluctable?

Didier Castella: Dès le départ, nous savions que la concentration des activités de l’Agroscope sur un site unique serait politiquement très difficile. Assez rapidement, nous avons eu des entretiens avec les autorités fédérales au sujet de différentes variantes. Et la variante qui semble être retenue aujourd’hui – à savoir un site principal à Posieux, deux sites secondaires, l’un en Suisse romande et l’autre en Suisse alémanique, et des sites satellites – est une solution dont le canton de Fribourg ne peut que se réjouir.

Cette promesse d’une centralisation de l’Agroscope à Posieux, c’était un cadeau empoisonné?

Effectivement, Fribourg a très vite été la cible des autres cantons qui craignaient cette réforme. Et nous marchions sur des œufs dans ce dossier. Nous avons eu beaucoup de contacts en coulisses, avec les autres cantons et avec l’Administration fédérale. Et à mon avis, la solution qui se dessine actuellement est une solution qui est politiquement acceptable. Et Posieux resterait le grand gagnant.

Qu’advient-il du transfert d’une partie des activités de l’Agroscope de Liebefeld (BE) vers Posieux, prévu depuis plusieurs années?

Le transfert de Liebefeld à Posieux n’a jamais été remis en question. Nous espérons pouvoir mettre ces travaux à l’enquête au début de l’année prochaine, indépendamment du projet de concentration de l’Agroscope.

Concrètement, qu’est-ce que Posieux pourrait gagner?

Les premières perspectives montrent que le site pourrait compter trois à quatre fois plus d’emplois qu’aujourd’hui, soit autour de 500 collaborateurs. Mais nous parlons là d’une réforme à long terme.

Le crédit de 70 millions de francs pour des travaux à Posieux, déjà voté par le Grand Conseil fribourgeois, est-il toujours valable?

Ce crédit concerne le déménagement de Liebefeld vers Posieux. Il est donc toujours valable. Mais si le projet de plus forte concentration des activités dans le canton de Fribourg est confirmé, de nouvelles discussions devront avoir lieu pour les infrastructures supplémentaires.

Aujourd’hui, quel est le calendrier?

Nous espérons une décision de principe rapidement, d’ici à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Ensuite, les négociations commenceront pour mettre tout ça en forme.